A quelques kilomètres de Matera, le long de la Voie Appienne, dans un des ravins qui entaillent le haut plateau de la Murgia, se trouve un des plus beaux endroits d’Italie du Sud: la Crypte du Péché Originel. Dans une cavité rocheuse surplombant la falaise calcaire, de la main habile du “Peintre des Fleurs de Matera”, sont nées des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament racontées sur un cycle de fresques du IXe s. ap. J-C. Redécouverte en mai 1963 par un groupe de jeunes passionnés de Matera, d’abri qu’elle était pour les troupeaux, la Crypte du Péché Originel est devenue une étape incontournable de la visite à la ville des Sassi. Une restauration parfaite, promue par la Fondation Zétema de Matera et réalisée sur les conseils de l’Institut Central de la Restauration, a restitué ces extraordinaires fresques à leur splendeur originelle. Un parcours son et lumières fait de la visite à la “Chapelle Sixtine” de la peinture rupestre une parfaite fusion entre émotion et culture.

Voici un site riche d’histoire où vous trouverez de magnifiques témoignages de la civilisation de la Grande-Grèce. La ville fondée au milieu du VIIe s. av. J-C. par des Grecs venant d’Achaïe, devint une des plus florissantes colonies de la Grande-Grèce. Le Parc archéologique comprend les vestiges monumentaux du sanctuaire urbain dédié à Apollon Licio et de l’agora voisine. La zone sacrée comprend quatre temples: le plus ancien, dédié à Athéna, fondé au début du VIe s. av. J-C.; les temples d’Apollon et d’Héra réalisés en 570 av. J-C., tous en style dorique; aux alentours de 470 av. J-C., fut édifié le monumental temple ionique dédié à Aphrodite. Le tracé urbain est délimité par d’imposants murs d’enceinte remontant au VIe s av. J-C., remaniés au IV siècle av. J-C. et caractérisés par toute une série d’entrées monumentales. Il est possible de deviner l’emplacement du temple dit des Tables Palatines, dédié à Héra et bâti au VIe s. av. J-C. en style dorique qui marquait les confins territoriaux de l’antique cité achaïenne. Le Musée archéologique national de Metaponto héberge les principaux vestiges retrouvés dans la région environnant l’antique Metaponto, ainsi que quelques pièces provenant de la zone voisine de Pisticci et de la zone archéologique de l’Incoronata qui y est située. Il comprend quatre salles: les pièces préhistoriques, la colonisation grecque entre le VIIIe s. av. J-C. et VIIe s. av. J-C., l'intégration entre Grecs et locaux et l’ère romaine. Metaponto est également une localité touristique vouée au tourisme maritime: elle possède une large plage sablonneuse, des établissements balnéaires bien équipés, au service des baigneurs et des passionnés de voile, ainsi que des zones préservées pour la pêche sportive aux abords des embouchures des rivières Bradano et Basento.

Au centre de l’agglomération, se dresse l’église dédiée à S. Maria Maggiore, où l’on peut admirer des fresques et des sculptures d’une grande importance. Nous mentionnerons tout particulièrement le très beau polyptyque de Cima da Conegliano, réalisé en 1499 et constitué de 18 panneaux disposés en deux registres dont le panneau central représente une petite sculpture en bois de la Vierge à l’Enfant sur un trône et sur une éminence rocheuse, se dresse le Château de Malconsiglio, qui domine tout le territoire. Cette imposante masse interrompue par sept donjons a pris son nom de la conjuration fomentée par les Barons contre Ferdinand le Catholique en 1485 qui se solda par le massacre de tous les participants dans une des salles du château. Ce dernier est une synthèse de différentes époques qui, dans l’ensemble, lui confère un aspect insolite et évocateur. Sa construction est attribuée aux Sanseverino, bien que, dans le Haut Moyen Âge, une fortification originaire fût déjà présente;  la loggia fut ajoutée par les Revertera au XVIIe s., au cours de la transformation du manoir en résidence baronale. L’église de la SS. Trinità qui se trouve tout près du centre, près du nouveau siège de la Mairie, est une toute petite mais ravissante église avec un pyramidion. L’intérieur, visible de la fenêtre sur la porte d’entrée, fut entièrement décoré, au milieu du XVe s., par le Maître de Miglionico: dans l’abside, on trouve une Crucifixion et une Annonciation et un peu au-dessus, une Trinité; à droite et à gauche de l’abside, une théorie de saints et saintes et la Trinité représentée par un personnage à trois têtes.

L'abbaye San Michele Arcangelo (de l’Archange saint Michel) remonte environ au milieu du XIe s., lorsque les communautés monastiques bénédictines remplacent, dans de nombreuses agglomérations, les communautés religieuses d’origine grecque. A la fin du Moyen-Age, elle tombe en désuétude, si bien qu’elle dut être reconstruite à la fin du XVe s. Son noyau central est constitué du cloître, côté Est, et de l’église, reconstruite par la Congrégation bénédictine de Sainte Justine de Padoue. Au cours des siècles, les travaux de réfection des moines ont peu à peu ajouté de nouveaux éléments à la construction d’origine; ont ainsi vu le jour une très belle colonnade, plusieurs édifices et de magnifiques cycles de fresques peintes par les plus grands artistes de la Basilicate. En 1784, une partie des moines se déplace à Lecce, dans les Pouilles, et l’abbaye perd une partie de ses œuvres d’art, de la bibliothèque et des archives. Dans les premières années du XIXe s., le monastère devient propriété de la Municipalité. 

Irsina est un des plus anciens villages de la Basilicate, comme en témoignent de nombreuses pièces d’archéologie remontant aux périodes grecque et romaine. La Cathédrale Santa Maria Assunta fut édifiée au XIIIe s. et remaniée en 1777, avec une façade baroque et un campanile à fenêtres géminées de style gothique. A l’intérieur, on peut admirer un baptistère de marbre rouge et plusieurs toiles de l’école napolitaine du XVIII siècle, ainsi que la statue en marbre de Sainte Euphémie, attribuée à Andrea Mantegna par Clara Gelao, directrice de la Pinacothèque provinciale di Bari, soutenue par une bonne partie de la critique dont  Vittorio Sgarbi, célèbre critique d’art ; elle a d’ailleurs été présentée à l’exposition consacrée à Mantegna en 2006 à Mantoue. L’église du couvent San Francesco (ancien château de Frédéric II) est d’une remarquable beauté avec plan à une nef et chapelles latérales. Remontant au XII siècle, elle fut restaurée à plusieurs reprises à partir du XVIe s. jusqu’à l’actuelle façade baroque du XVIIIe s. L’église conserve un crucifix en bois de la seconde moitié du XVIIe s. contre l’autel de gauche ainsi qu’une sculpture du XVIIe s., représentant  San Vito. Sa crypte est décorée de fresques de l’école ombrienne et siennoise du XIVe s., représentant le Rédempteur, le Couronnement, l’Annonciation, la Crucifixion et la Résurrection.

L’église San Pietro Barisano est une des plus grandes églises de Matera à avoir été creusée dans la roche et se trouve dans le Sasso Barisano.

L’église Madonna delle Virtù (Notre-Dame des Vertus) et San Nicola dei Greci (Saint Nicolas des Grecs) sont un des exemples les plus élaborés d’architecture troglodyte. Ces deux églises rupestres, l’une au-dessus de l’autre, comprennent également un monastère et des exemples d’habitations-grottes, qui communiquent toutes entre elles.

En partie édifiée et en partie creusée à l’intérieur d’un éperon rocheux qui domine le Sasso Caveoso, l’église dédiée à la Vierge de l’Idris remonte à une période qui va du XIVe au XVe s.; elle a été lieu de culte jusque dans les années 1940 et on y a célébré quelques-unes des fêtes les plus importantes du calendrier liturgique. Elle communique par un étroit couloir à l’église rupestre San Giovanni in Monterrone, entièrement creusée à même la roche. Cette église a servi de baptistère et a ensuite été transformée en lieu de sépulture. Elle se compose d’une seule nef, avec un presbyterium surélevé et il est possible d’admirer sur ses parois des fresques d’une facture remarquable.

L’église Santa Lucia alle Malve (Sainte Lucie aux Mauves) a été réalisée au IXe s. pour héberger le premier ordre monastique de nonnes bénédictines qui représenta, jusqu’au siècle dernier, une présence religieuse très importante dont l’histoire accompagna le développement social et urbain de la ville de Matera. Des travaux archéologiques ont permis de mettre au jour sur le plan situé au-dessus, une nécropole qui remonte à une période comprise entre le VIII et le XIe s., et qui est connue sous le nom de 'cimetière barbare'. 

Afin de mieux comprendre les us et coutumes des habitants des anciens quartiers des Sassi de Matera avant leur abandon, nous vous recommandons une visite à la maison-grotte de vico Solitario, dans le Sasso Caveoso: cette typique maison-grotte conserve encore les meubles et outils authentiques du temps jadis, lorsqu’elle était habitée.

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